Correspondance amoureuse




Voici quelques extraits du texte se trouvant au dos des cartes, cette correspondance est celle d'une jeune fille écrivant à son amoureux sur plusieurs mois, pendant qu'il effectuait son service militaire. Cela se passait dans un milieu rural et paysan. Une petite remarque à propos de l'écriture, vous pourrez remarquez sur une carte dans la page Cartes de voeux, qu'ils s'écrivaient en général au crayon de bois. Et oui, les stylos billes n'existaient pas encore et dans ce milieu, pauvre et paysan, l'encre de chine était sûrement trop chère pour s'en servir quotidiennement.

6 Octobre 1926


Je fais réponse à ta carte qui m'a trouvé en bonne santé et je désire que la mienne se trouve tel qu'elle me quitte, tu me demandes si je suis délassée de l'assemblée*. Oui il en faut plus qu'autant pour se remettre, je pense que quand tu reviendras, on ira encore danser mon Paris oui oui. Si tu savais comme je me suis fait chiné par ta soeur ! Quand tu viendras, elle te demandera ce que nous avons fait le long du chemin !!! ...


* fête de village
24 Octobre 1926

Mon cher I... Bien aimé

Je fais réponse à ton aimable carte qui m'a fait grand plaisir de voir que tu penses toujours à moi. Moi je suis de même, je ne t'oublie pas non plus mon cher I..., tu me demandes ma photo et bien je te l'envoie, et en même temps, je t'envoie une carte, et tu me renverras le ruban que tu voudras, mon chéri. Je ne vois plus grand chose à te dire, que je suis invitée d'aller aux noces, le 28 de ce mois à une amie. Mais je ne vois plus rien à te dire, je finis mon bafouillage pour aller au lit.

Tous mes plus doux baisers.
Celle qui t'aime pour toujours.
Ta Emilienne.
5 Novembre 1926

Mon cher I... chéri

Je t'écris deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et je pense que ma carte te trouve de même. Je me suis décidée à t'écrire car tous ces jours, j'ai attendu de tes nouvelles et puis rien. Et pourtant je pense que tu m'aimes comme je t'aime car moi je pense à toi à chaque instant du jour mon cher petit coeur ...
12 Novembre 1926

Mon cher I... Bien aimé

Je fais réponse à ta lettre que j'ai eu plaisir à recevoir et de savoir que tu es toujours en bonne santé (...). Je ne connais pas grand chose de nouveau à te dire, tous ces jours je suis chez ta soeur, on est en train d'arracher des carottes. Et toi tu es à monter la garde tous les jours, mais il faut prendre courage, les jours heureux approchent de nous mon chéri. Je vais finir ma carte en t'embrassant de tout mon coeur.

Celle qui t'aime pour toujours.
Ta petite Emilienne qui pense à toi.
A bientôt de tes nouvelles.
3 Janvier 1927

Mon Cher I... chéri

Ce soir, je viens t'offrir tous mes voeux de bonne et heureuse année et de bonne santé pour l'an 27 qui je pense sera pour nous une année de joie et de bonheur et qui sera la réalisation de nos rêves, pour moi je t'aime, c'est pour toujours. Mon cher I... bien aimé, je te dirai que tu nous verras pas le 9 à M.... car moi je suis à soigner mes parents qui sont malades, ils sont au lit tous les deux et ils sont très mals, surtout maman, je te jure que j'ai bien du chagrin de voir ça, et ça va de plus mal en plus mal. Le médecin a dit que c'est de la bronchite. Et chez Germaine, ça va pas non plus, elle est au lit. Et deux de ses enfants et le Père N... est dans le coin du feu, il faudrait que j'y serais aussi avec toute sa marchandise et ses enfants. Elle a bien du mal. Il commence une vilaine année, espèrons que la fin sera mieux. Moi j'ai été grippée mais ça va mieux, je suis solide, je suis une journée malade, et le lendemain, ça court tout seul. Mon chéri, je vais finir ma carte pour aller au lit. Je t'embrasse bien tendrement.

Celle qui t'aime pour toujours.
Emilienne
9 Janvier 1927

Mon cher I... Bien aimé

Je t'écris deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et je pense que ma carte te trouve de même. Je pense que tu as fait bon voyage et une bonne permission. Moi, je suis retournée chez Germaine ; ils sont tous au lit avec la grippe et mes parents ça va un peu mieux. Je suis le matin chez nous et la soirée chez Germaine. Ca me fait bien du chemin à faire mais je pense que ça ne durera pas. Je compte bien aller à M... le 16. Je te le récrirais d'ici là. Je ne vois plus rien à te dire pour le moment. Je t'embrasse de tout mon coeur.
Celle qui t'aime pour toujours.

Mille baisers de celle qui t'aime.
Emilienne
10 Janvier 1927

Mon cher I... Bien aimé

Je t'écris deux mots pour te dire que nous allons à M... dimanche prochain qui se trouvera le 16 Germaine et moi. Et moi, je compte bien te voir. Je pense que tu nous attendras mon chéri. Je ne vois plus rien à te dire, je finis ma carte en t'embrassant de tout mon petit coeur qui ne bat que pour toi.

Celle qui t'aime pour toujours.
Emilienne
2 Mars 1927

Mon cher I... Bien aimé

Je fais réponse à ta carte qui m'a fait bien plaisir, mais ce qui m'a le plus embêté, c'est que tu n'étais pas là aujourd'hui car il y avait bien où s'amuser. Il y a 3 bals, j'ai dansé deux danses, on n'est pas resté longtemps, on est rentré à 4 heures. Mon chéri, je ne vous plus rien à te dire. Je t'envoie notre photo. Tu me diras si on a de belles têtes (...)
11 Mars 1927

Mon cher I... Bien aimé

Je fais réponse à ta carte qui m'a fait bien plaisir de recevoir et de savoir bien rendu et en bonne santé (...). Mon chéri, tu dis que chez ta soeur, tu as été chiné. Il ne faut pas s'en faire, moi je l'ai bien été aussi tous les jours par Germaine, mon cher I... Dimanche après t'avoir quitté, on a tous été dormir jusqu'à 2 heures et après ça a mieux gazé, mais j'ai attrapé un rhume samedi soir dans le coin du feu avec toi.(...)
21 Avril 1927

Mon cher I... Bien aimé

Je fais réponse à ta carte (...). Mon chéri, tu dis que tu vas bientôt être près de moi en civil. Vivement que ce soit arrivé ! Encore 18 jours à passer pour être heureux. Dimanche avec Maria, on a été voir ton père. On est resté toute la soirée avec lui. Il nous a bien amusé de ces contes. Plus rien à te dire.
Je finis ma carte en t'embrassant de tout coeur.

Celle qui t'aime pour toujours.
Emilienne.